Non à l’hégémonie des semenciers, à la brevétisation du vivant et à la disparition de la biodiversité cautionnée par l’UMP.
Oui à la semence libre, gage d’autonomie agricole et alimentaire.
L’Assemblée Nationale a adopté lundi 28 novembre une proposition de loi du sénateur UMP Christian DUMUYNCK sur les Certificats d’Obtention Végétale (COV). Les agriculteurs devront s’acquitter d’une taxe, la Contribution volontaire obligatoire, s’ils utilisent des graines issues de leurs propres récoltes pour les ressemer l’année suivante.
Il s’agit d’une atteinte au droit des paysans de maîtriser leurs productions, en leur imposant de verser aux industries semencières une dîme sur les fruits des récoltes. De plus, cette disposition accélère la concentration entre les mains de quelques grands groupes de la reproduction des espèces cultivées. C’est une menace supplémentaire qui pèse sur la diversité génétique en agriculture, déjà considérablement mise à mal par l’obsession productiviste. Le droit des agriculteurs à utiliser librement leurs semences de ferme est à préserver et la protection de la diversité des espèces végétales cultivées est un impératif absolu de développement durable.
C’est ce que reconnaît le Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture (TIRPAA), adopté par la France en 2005. Il spécifie bien la contribution des agriculteurs à la conservation de la biodiversité et stipule que rien ne peut entraver leurs droits de conserver et ressemer leurs semences reproduites à la ferme. Ce traité doit être appliqué.
En tant que Maire d’une commune située au cœur d’un bassin agricole, je milite pour le respect de droits fondamentaux de la biodiversité et je m’insurge devant des lois qui favorisent encore et toujours les plus forts et les moins respectueux. L’appellation hypocrite de cette taxe souligne une politique absurde qui vise à annihiler l’éclosion de la vie par ses propres moyens.
Les paysans qui reproduisent leurs semences sont des garants du vivant mais aussi et surtout de l’autonomie face à des puissances agrochimiques.
Je soutiens depuis longtemps ces hommes et ces femmes qui mettent leur temps et leur énergie au service de la biodiversité, fondamentalement respectueux de la vie et de la liberté. J’ai eu l’occasion de visiter cet été une ferme reproductrice de semences (cf billet du 09/08/20) et nous allons, à la Ville de Roanne, acheter des graines à l’association Kokopelli http://www.kokopelli.asso.fr/, qui milite depuis toujours pour une semence libre, gratuite et partagée.
L’engagement passe par les actes, mais aussi par des chaines de solidarité. Si nous travaillons chacun à notre niveau à la liberté, en prenant conscience chaque jour que chacun de nos actes peut avoir des conséquences sur le système global, alors nous pourrons lutter efficacement contre des multinationales avides de profit et des politiques irresponsables.
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