"Une juste reconnaissance"
Samedi dernier était organisée en mairie une cérémonie en l’honneur des personnes venant d’acquérir la nationalité française. Il me parait très important de célébrer cet évènement et je suis toujours très heureuse de pouvoir recevoir symboliquement ces nouveaux naturalisés et leur famille à l’Hôtel de Ville qui est la « maison » de tous les citoyens, qui plus est dans la salle Charles de Gaulle où trône le buste de Marianne, allégorie de notre République et de ses valeurs.
Toutes celles et ceux qui obtiennent la nationalité française, souvent au terme de procédures longues et fastidieuses, sont bien souvent depuis longtemps des acteurs à part entière de la vie locale. Le fait de leur octroyer la nationalité française n’est à donc qu’une juste et logique reconnaissance de cette implication. Une implication de tous les jours de personnes souvent implantées depuis des années à Roanne, contribuant à l’activité économique, au rayonnement, à la vitalité associative de notre ville.
"Notre diversité, une source de richesse"
Nous avons toujours eu à cœur dans la mise en œuvre de notre projet municipal de reconnaitre et valoriser la principale richesse qui est la nôtre. La plus grande richesse de Roanne à mes yeux, ce sont les Roannais. Je souhaite que Roanne soit une ville où chacun puisse trouver sa place, où nos différences, notre diversité, ne soient pas source de conflit mais d’enrichissement. J’ai voulu mettre au centre de notre projet de ville les questions du vivre-ensemble, du lien social, de la participation de tous à la vie de la cité.
Je souhaite que l’on montre qu’une autre voie est possible pour faire vivre et faire rayonner notre idéal républicain, bien au-delà des expressions de peur, de repli sur soi que certains se plaisent à attiser.
"Sous-entendre que l'immigration est une menace pour l'identité nationale est une manipulation dangereuse"
Des réflexes qui ont violemment ressurgi lors du débat néfaste sur l’identité nationale, qui a occupé la scène politique tout juste 2 ans après la création d’un ministère de l’immigration ET de l’identité nationale.
Parler d’identité nationale n’a, en soit, rien de choquant. Pas plus que de parler d’immigration. Ce qui l’est par contre c’est ce lien mécanique, établi de façon systématique entre trois choses qui sont de nature différente : la lutte contre l’immigration clandestine, le combat contre le communautarisme et les questions d’intégration autour des valeurs de la République. Ce lien là est dangereux car il empêche toute tentative de réfléchir sereinement, en dehors de toute passion politique, à ces sujets là qui sont pourtant très importants.
Cela revient en quelque sorte à « recycler » pour leur redonner un aspect très actuel et très acceptable, certaines thèses des intellectuels de droite ou d’extrême droite des années trente en ré-instituant un lien entre les ennemis intérieurs et extérieurs de la France. De la même façon, les discours selon lesquels la notion de « repentance » serait nuisible à la cohésion nationale nous ramènent invariablement à une sorte de sémantique « anti-dreyfusarde » : toute remise en cause de la culpabilité du capitaine Dreyfus était une atteinte directe à l’identité nationale.
Tout en me gardant bien de faire des analogies historiques trop rapides ou des comparaisons trop hâtives entre les époques, je veux aujourd’hui marquer mon profond désaccord avec cette conception de l’identité.
"Pour une conception moderne et ouverte de la notion d'identité"
Je veux dire que cette conception là, fixiste, rigide, excluante parce qu’exclusive, est une conception du passé. L’identité d’un citoyen du 21ème siècle ne se laisse pas appréhender par son centre mais par ses contours, elle ne se laisse pas enfermer dans une définition restrictive mais est plurielle et dynamique, elle n’est pas remise en cause mais s’enrichit de sa rencontre avec l’autre, elle n’est pas figée dans le temps, gravée dans le marbre pour toujours mais évolue avec son époque tout en constituant un trait d’union entre passé, présent et avenir.
L’immigration n’est pas une menace pour l’identité nationale française. Elle ne l’est pas plus aujourd’hui qu’elle ne l’était au début du siècle ou entre les deux guerres. C’est même tout le contraire, elle est une de ses composantes.
Commentaires