Dimanche 24 Avril, comme chaque année à cette période avait lieu la journée nationale du souvenir et de la déportation. Cette cérémonie à la mémoire des millions d’hommes, de femmes et d’enfants exterminés dans les camps de la mort est toujours un moment très fort de vive émotion.
Plus d’un demi-siècle s’est écoulé depuis ce qui constitue la page la plus sombre de notre histoire. Cette barbarie nous paraitrait presque irréelle à force d’insoutenable. Et pourtant, il nous faut faire cet effort, ce travail de mémoire. Il en va là de notre devoir en tant qu’élus mais aussi et surtout en tant qu’hommes et femmes libres.
« Le disparu, si l’on vénère sa mémoire, est plus précieux et plus puissant que le vivant » écrivait Antoine de St-Exupéry. Se souvenir, témoigner, expliquer, en parler encore et toujours : nous devons utiliser ces armes pacifiques pour que la mémoire soit un livre qui ne se referme jamais, pour que l’écho des voix des victimes ne périsse pas une seconde fois dans le silence de l’oubli. A travers eux, ce sont les valeurs de la liberté, de la démocratie, du respect de l’autre que nous défendons.
Ce « devoir de mémoire », c’est avant tout pour moi un « devoir de vigilance », un devoir quotidien de vigilance citoyenne. Négationnisme, antisémitisme, racisme, xénophobie, homophobie, ces fléaux ne sont pas morts, nous en avons eu récemment une triste illustration à Roanne. Leur recrudescence marque périodiquement l’actualité. Certains discours de haine se tiennent désormais au grand jour. Certains reflexes : peur de l’autre, repli sur soi, se sentent par conséquent légitimes.
En ce début de millénaire, cette peste que l’on pensait vaincue à jamais tente de refaire surface. L’extrême droite ne s’est jamais aussi bien portée en Europe et son discours gangrène souvent la classe politique dite « respectable ». Certains soufflent sur les braises, attisent les intégrismes, prônent le sectarisme. Nous savons que tout langage d’exclusion, tout langage xénophobe, tout comportement raciste n’est ni anodin, ni innocent. Ils précèdent souvent, pour peu qu’on n’y prenne pas garde, les actes les plus barbares.
C’est ce combat contre l’oubli, contre l’ignorance, contre l’intolérance, contre la haine que nous menons et que nous continuerons à mener. Car ce combat est non seulement juste mais il est aussi indispensable.
Ce combat là, ne pas le mener, c’est déjà le perdre.
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