Ne vous résignez pas, indignez-vous !
Alors que ce début d’année 2011 paraît plutôt morose, sur fond de réforme injuste des retraites, de grande précarité pour certains et de profits record pour d’autres,
Alors que le Gouvernement nie toute protestation sociale dans le pays,
Alors que les Français viennent d’être désignés par un sondage comme le peuple le plus pessimiste…
Tout cela pourrait nous ôter toute énergie, nous désespérer.
Et puis arrivent les quelques pages d’un homme qui, à 93 ans, n’a en aucun cas envie de se résigner. Je pense bien sûr à l’ouvrage de Stéphane Hessel, un ouvrage qui, s’il est petit par la taille, est immense par les valeurs qu’il rappelle et par l’espoir qu’il suscite.
Il nous remet en tête les acquis sociaux hérités de la Résistance, ces acquis que nous ne devons pas laisser brader par le Gouvernement. Stéphane Hessel a la certitude que la Charte du Conseil National de la Résistance, porteuse des principes et des valeurs qui ont fait la grandeur de la France, est toujours un message profondément contemporain.
Cette faculté d’indignation, si fortement chevillée au corps malgré un grand âge, nous rappelle à nous, femmes et hommes de gauche, qu’il ne faut pas se résigner.
Ne pas se résigner aux guerres intestines ;
Ne pas se résigner à la dictature de l’image qui finit par tout corrompre.
En cette période où nous commémorons le 15e anniversaire de la mort de François Mitterrand, nous devons, comme il l’a fait en son temps, rassembler les forces de gauche, les forces de progrès, afin de redonner l’envie et la confiance à nos concitoyens.
Je crois, pour ma part, aux forces de la solidarité, à ce qui nous rassemble.
Et je crois que, tous ensemble, nous pouvons briser ce cercle du pessimisme et de la désespérance, aller de l’avant pour prendre nos destins en main et construire une société plus humaine, loin des dictatures de l’argent, de l’image et des égos.
L'indignation n'est pas une valeur. C'est un sentiment moral spontané, à géométrie variable, qui se distingue de la révolte, et dont découle une réflexion, une remise en question ou une volonté d'agir.
L'indignation n'est que l'étincelle. C'est pourquoi elle n'ôte en rien la capacité de réflexivité critique dont jouit l'Homme.
Curieusement, cette réflexivité critique ne se retrouve pas dans la définition ci-dessus, où il est écrit que l'indigné est celui qui croit "qu'(il) est parfait et que les autres font n'importe quoi".
Non sans sourire, cela ressemble, à mon humble avis, à une interprétation manichéenne de l'indignation. Le dogme de séparation de deux entités (serait-ce ici les "visionnaires" contre les "bien-pensants" ?) est appliqué à la lettre. Tristement, le manichéen n'est pas un visionnaire. C'est celui qui provoque la rupture. C'est pourquoi non sans ironie, le dernier commentaire me laisse quelque peu songeur.
Rédigé par : Virgile | 18/04/2011 à 12:04
Monsieur,
Il ne s’agissait absolument pas, dans cet édito, de critiquer qui que ce soit ou de qualifier qui que ce soit d’idiot. Je ne prétends pas non plus que j’ai raison et que tous les autres ont tort. Vous avez manifestement mal compris ce que je voulais dire.
Je pense que pour tout citoyen, et d’autant plus pour un élu, il est important de conserver une capacité d’indignation face à l’injustice. Avoir la capacité de s’indigner, c’est tout simplement conserver son humanité.
Quant à Stéphane Hessel, je ne sais pas si vous connaissez son histoire, mais il s’agit là d’un homme qui a combattu pour son pays, qui a été Résistant et déporté en camp de concentration, et qui consacre sa vie à la promotion des Droits de l’Homme.
Vous avez le droit le refuser l’indignation, comme vous dites. J’ai pour ma part le droit de la revendiquer.
Rédigé par : Laure Déroche | 28/01/2011 à 15:15
Cela ne m'étonne pas de vous. Ce livre est à la mode et il est bien de se montrer en accord avec les bien-pensants.
L'indignation est une valeur que je refuse.
Quelqu'un qui s'indigne sous-entend qu'il est parfait et qu'il dit les autres font n'importe quoi, il ne faut absolument pas faire ce qu'ils font mais plutôt ce que je dis car j'ai toujours raison !
C'est une sorte de condescendance, une critique des autres sans se remettre en cause soi-même.
Je préfére l'auto-critique collègiale pour avancer ensemble plutôt qu'enfoncer quelqu'un par l'indignation en le qualifiant d'idiot qui n'a rien compris.
Rédigé par : Nicolas | 23/01/2011 à 23:09