Je commencerai par une idée qui nous concerne tous. C'est d’ailleurs un enjeu. Un enjeu sociétal fort, celui que représente la réflexion sur l’alimentation. Parce que bien manger commence par une réflexion sur ce que l’on mange. Et qu’aujourd’hui, l’on vit un paradoxe intéressant, oui il n’y a jamais eu autant de livres de cuisine dans les rayons des librairies, alors que les gens n’ont jamais aussi peu lu. Il n’y a jamais eu autant d’engouement pour la cuisine alors que l’on n’a jamais aussi peu cuisiné ou eu aussi peu de temps pour cuisiner. Le phénomène mérite réflexion, parce qu’il reflète bien plus qu’un acte nourricier, et encore plus qu’un acte culturel. On voit bien que l’alimentation, la cuisine mobilisent beaucoup plus que nos maxillaires. Cet enjeu sociétal est donc présent en filigrane sur tout le salon.
Si l’on en revient au Roannais, je pense qu’on peut mettre en exergue 3 objectifs pour Savoirs & Saveurs.
Donner une impulsion.
Je souhaite donner une impulsion à notre ville, pour la faire rayonner en dehors du Roannais, et mettre tous les atouts de notre côté pour que Roanne rayonne sur le territoire Rhône-alpin. Ce n’est pas facile. Les territoires qui nous entourent sont souvent très dynamiques et possèdent parfois, souvent, des produits identitaires qui servent leur cause mieux que nous ne le faisons à l’heure actuelle. Cependant, nous avons à Roanne, des savoir-faire qu’il faut mettre en avant. Nous le faisons tout au long du festival RTO. Mais nous voulons aussi assoir notre légitimité sur notre capacité à fédérer les gens autour de la gastronomie même si ce n’est pas directement leur cœur de métier. L’objectif du Salon Savoirs & Saveurs est donc celui-ci : permettre à des professionnels d’horizons divers de se rencontrer autour du thème du livre et de la gastronomie.
Cela crée à la fois une dynamique pour la vile mais aussi des synergies pour les acteurs de cette ville.
Fédérer, unifier, rassembler.
Les intervenants du Salon Savoirs & Saveurs sont de formation et de culture très différentes. Bien que travaillant sur un thème commun, ils ne se rencontrent que très peu.
Ce salon est un formidable brassage de cultures, d’expériences et de parcours différents, avec un sujet central :
Nous avons besoin d’être plus unis pour pourvoir faire émerger une identité sur notre territoire. Ce salon peut nous aider.
Faire rayonner notre ville.
Je souhaite qu’à travers toutes les actions et animations qui sont menées dans le cadre du festival RTO, la ville de Roanne devienne petit à petit un acteur incontournable dans le monde de
Le dernier objectif de ce salon est donc, vous l’aurez compris, le rayonnement de la ville de Roanne mais surtout de l’ensemble du territoire roannais, sur une logique de qualité culinaire, que ce soit dans les assiettes ou dans la réflexion autour du contenu de ces assiettes. Nous avons des atouts pour parvenir à nos fins, mais cela exige un travail quotidien, de tous les acteurs du roannais, au niveau des restaurateurs, des artisans, des entreprises agroalimentaires et des élus.
Impulser, structurer, communiquer, pour faire émerger une identité sur le territoire.
3 objectifs, donc : nourrir une réflexion, fédérer des acteurs du territoire et faire rayonner le festival bien au delà de ses frontières. Mais avant tout cela, un seul principe : partager un moment de convivialité ou chacun se sente bien et profite au maximum des animations du salon.
Roanne possède une tradition culinaire depuis la Belle Epoque. De Jean Montillier au début du XXème siècle, à la maison Troisgros aujourd'hui, la grande cuisine fait la réputation de Roanne. Cuisine bourgeoise autrefois, nouvelle cuisine plus récemment, l'accès à la qualité culinaire n'est malheureusement réservé qu'à une clientèle aisée, et les salons et dégustations qu'à un nombre trop limité de Roannais privilégiés, initiés ou invités.
Vouloir démocratiser l'accès à l'alimentation de terroir et de qualité, le temps d'un week-end ou d'une soirée, faciliter l'échange sur ce thème est une bonne chose.
C'est très bien.
Mais gardons à l'esprit que l'accès général et permanent, à une alimentation de qualité pour tous, reste une utopie. D'une manière générale, les citadins pauvres mangent mal et les riches mangent mieux.
Les premiers se servent en discount, les autres aux halles. Cela pose la question des problèmes de société et de sa transformation, la question du pouvoir d'achat, du chômage, des familles monoparentales en grande difficulté financière, ...
Vastes sujets...
J'en reste là...
Rédigé par : alimentation | 30/09/2010 à 09:46