Décembre est un mois un peu particulier. Une année s'achève, une autre s'annonce. C'est l'occasion des bilans et des projets. C'est aussi le mois des fêtes et des réjouissances. Mais, sur fond de crise c'est l'incertitude qui prédomine. La sérénité à l'évidence n'est pas de mise. Je le constate tous les jours, la souffrance de nos concitoyens est perceptible. Le crise accentue les inégalités. Elles sont criantes et dévastatrices. Inégalités accentuées certes, mais doutes également des milieux socio-professionnels quant à l'avenir. 2010 ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices. Les collectivités n'échappent pas à cette morosité ambiante. Les incertitudes sont nombreuses et sérieuses.
Aussi, ce mois de décembre, mois traditionnel de lumière et de joie, est terni par ce climat général peu propice à la félicité. La crise est installée et continuera à produire ses effets dévastateurs. Les prévisions sont là pour nous le rappeler. J'ai bien conscience de dresser un décor sombre, mais la réalité s'impose qu'on le veuille ou non.
Pourtant une période de crise est un moment de vérité. C'est d'ailleurs son étymologie. Moment de vérité pour repenser un système économique et bancaire qui vient de montrer son inanité. Moment de vérité pour que les Etats s'engagent à mettre en oeuvre des solutions concrètes pour sauver la planète et la biodiversité. Moment de vérité pour en finir avec la faim dans le monde et la pauvreté. Moment de vérité pour réinventer des pratiques politiques et la démocratie en consonance avec les aspirations citoyennes. Les moments de vérité sont nombreux. Ils sont autant de défis à relever. On le voit bien avec le sommet de Copenhague, une mobilisation citoyenne de plus en plus importante participe de la prise de conscience générale que nous devons opérer. Il faut que les dirigeants de ce monde prennent les décisions qui s'imposent. Il y va de leurs responsabilités face aux générations futures. Nous sommes face à des moments de vérité. Il nous faut les affronter. En la matière le volontarisme est de rigueur, indispensable et nécessaire.
Ces mobilisations citoyennes, cette prise de conscience généralisée que l'on observe sont pour moi des signes d'espoir ; des lueurs d'espérance dans la grisaille de ce mois de décembre. Seront-elles annonciatrices de jours meilleurs ? D'un monde responsable ayant pris conscience que notre façon de vivre se doit d'être remise en cause en rappelant que l'homme est la mesure de toute chose. Et, en ces périodes de fêtes et de voeux, je voudrais justement saluer celles et ceux qui, de façon volontaire et discrète, accompagnent les plus fragiles d'entre-nous. Celles et ceux qui travailleront les jours de fête car ils ont choisi d'exercer une profession au service des autres. Celles et ceux pour qui, justement, l'homme est la mesure de toute chose.
En souhaitant un Joyeux Noël et une Bonne année 2010, je voudrais rappeler cette phrase de Martin Luther King si prophétique : "Vivons comme des frères ou nous finirons comme des fous."
Commentaires